Le gouvernement a récemment annoncé l’instauration d’un prélèvement complémentaire de 4 FCFA par transaction sur les transferts d’argent, ainsi qu’une augmentation du tarif de la Taxe sur les Transactions d’Argent (TTA) pour les dépôts et retraits liés aux jeux de hasard et de divertissement. Cette mesure, inscrite dans les articles 228 ter et 228 quinquies du Code Général des Impôts (CGI), s’inscrit dans une volonté d’adaptation aux nouveaux modes de transactions électroniques et de renforcement de la digitalisation financière.
Un impact limité ou un frein à l’inclusion financière ?
Selon les autorités, ces ajustements tarifaires restent raisonnables en comparaison avec d’autres pays africains, comme le Kenya (0,5 % par transfert), la Tanzanie (0,4 % à 1 % selon le montant) ou encore le Ghana (jusqu’à 1 %). Toutefois, cette réforme suscite des interrogations quant à son impact sur l’inclusion financière.
En effet, bien que le montant de 4 FCFA par transaction puisse sembler négligeable, l’effet cumulé sur les petites transactions fréquentes pourrait représenter un frein à l’utilisation des services de transfert mobile, largement plébiscités par les populations à faible revenu. De plus, l’augmentation de la TTA sur les opérations liées aux jeux de hasard et de divertissement pourrait peser sur un secteur déjà réglementé et encadré.
Une fiscalité adaptée aux réalités du numérique ?
L’objectif affiché de cette réforme est d’adapter le système fiscal aux nouveaux usages financiers et de générer des ressources supplémentaires pour l’État. Cependant, une taxation accrue des services financiers numériques pourrait paradoxalement ralentir leur adoption et favoriser le recours à des moyens informels de transaction, réduisant ainsi l’efficacité de la mesure.
Reste à voir si cette politique fiscale atteindra son objectif sans compromettre la dynamique de digitalisation et l’accessibilité des services financiers pour les couches les plus vulnérables de la population.






