Interview de Pierre Kompany par le magazine valeurs ajoutées
Député Parlementaire Bruxellois, Docteur Honoris Causa, Bourgmestre Honoraire
Question : Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel et politique ?
Pierre Kompany : Ma vie dans la société humaine a été marquée par mon engagement et mon parcours diversifié. Je suis ingénieur de formation et détenteur de deux brevets d’invention dans le domaine des énergies renouvelables, notamment pour une éolienne.
J’ai également été manager chez DHL pour les avions, grâce à ma formation en ingénierie industrielle qui m’en a donné la facilité et la possibilité. Ensuite, a commencé un long parcours politique. J’ai d’abord été élu échevin dans ma commune de Ganshoren. Un échevin est un maire adjoint. J’y ai pris en charge plusieurs responsabilités : travaux publics, mobilité, environnement et propriété communale.
Par la suite, je suis devenu bourgmestre, ce qui correspond à la fonction de maire en France. J’ai été le premier bourgmestre noir en Belgique, ce qui a attiré une grande attention médiatique. La presse internationale, notamment le New York Times, des médias en Angleterre, au Japon, en Mongolie et aux États-Unis, a largement couvert cet événement.
La presse espagnole, italienne et française s’est également intéressée à mon parcours, allant jusqu’à réaliser une interview au sein de ma commune pour évaluer ma popularité. Une anecdote marquante reste le témoignage d’une dame d’un certain âge qui a déclaré avec émotion : « C’est notre Obama. »

Question : Vous avez reçu plusieurs distinctions. Pouvez-vous nous en parler ?
Pierre Kompany : J’ajouterais que je suis Docteur Honoris Causa de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), une université bruxelloise, et que ce titre est associé au Parlement bruxellois. Jusqu’à ce jour, je suis le premier Africain à avoir reçu cette distinction à travers cette université.
Question : Vous avez reçu plusieurs distinctions. Pouvez-vous nous en parler ?
J’ai également été honoré de la médaille d’or de la Fondation Universelle pour le Bien Public, une institution qui existe depuis plusieurs siècles et qui reconnaît les contributions aux droits humains et au bien commun.
En Belgique, j’exerce également en tant que professeur à titre honorifique. C’est une reconnaissance qui ne s’obtient pas aisément et qui est attribuée en raison de contributions exceptionnelles dans l’enseignement et la transmission du savoir.
Question : Quelles sont vos fonctions actuelles ?
Pierre Kompany : Je suis député au Parlement bruxellois et également député de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cela signifie que je représente les francophones au sein du Parlement bruxellois. En politique, j’ai toujours mis un point d’honneur à favoriser la compréhension et la coopération entre la Belgique et le Congo, ainsi qu’à promouvoir un dialogue interculturel et une meilleure intégration des jeunes.
Question : Quel message souhaitez-vous transmettre aux jeunes qui veulent innover ?
Pierre Kompany : L’innovation repose sur une véritable réflexion stratégique. Il faut s’assurer que l’idée que l’on souhaite développer n’a pas déjà été inventée ou brevetée ailleurs. Le brevet est une protection essentielle, et il en existe de deux types : le premier, qui reconnaît l’innovation, et le second, beaucoup plus onéreux, qui prouve l’antériorité de l’invention à l’échelle mondiale.
J’encourage les jeunes à s’entourer de personnes compétentes, à structurer leur projet et à être attentifs aux démarches légales pour protéger leurs idées. Beaucoup de jeunes publient leurs inventions sur internet sans protection, ce qui les expose au risque de voir leur idée exploitée sans reconnaissance ni bénéfice.
Question : Quel est votre regard sur l’histoire des innovations africaines ?
Pierre Kompany : L’histoire a sous-estimé l’apport des Africains dans le domaine de l’innovation. Les pyramides d’Égypte, par exemple, sont une preuve tangible de l’avancée technologique et intellectuelle africaine. Beaucoup ignorent que des mathématiciens noirs, comme Cheikh Anta Diop, ont démontré que l’Égypte antique était une civilisation africaine.
Plus récemment, des inventeurs afro-américains comme Jesse Eugene Russell, créateur du téléphone mobile numérique, ou Gladys West, qui a joué un rôle clé dans la conception du GPS, ont eu un impact majeur sur notre monde moderne. Pourtant, leurs contributions restent souvent méconnues du grand public.
Question : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs africains ?
Pierre Kompany : Il faut comprendre que les affaires sont rudes. Personne ne vous attend les bras ouverts pour vous offrir une place. Il est primordial de protéger ses idées, d’éviter de présenter un projet sans l’avoir breveté et de bien comprendre les enjeux du marché.
De plus, le financement est un défi majeur. Je pense que les Africains doivent davantage développer des systèmes de capital à risque, où plusieurs personnes investissent ensemble dans des projets prometteurs. Les gouvernements peuvent soutenir ces initiatives, mais il est essentiel que le secteur privé s’implique aussi.
Question : Comment maintenez-vous votre dynamisme et votre engagement ?
Pierre Kompany : Dans la vie, il ne faut jamais s’arrêter. Mon père, qui était un grand électricien, a travaillé jusqu’à ses 85 ans. Moi, j’ai toujours été animé par le désir de contribuer à la société et de transmettre mon expérience. J’ai une collaboratrice qui reçoit parfois des messages de ma part à 2h ou 3h du matin, car mon esprit est en perpétuelle ébullition.
Aujourd’hui, je travaille sur un grand projet et je continue d’accompagner des initiatives bénéfiques pour notre société. L’important est de toujours regarder en avant et de ne jamais cesser d’apprendre et d’agir.
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